Vies Antérieures
J’ai récemment écrit sur le fait que Dieu s’Il Existait (chacun devant être souverain de son intimité à cet égard comme à d’autres) ne pouvait être un alibi à ce qu’on assume ou n’assume pas. Et ceux qui « croient » avec une intention, pour obtenir ou recevoir, être absous ou encore une fois se justifier à l’aune d’une volonté supérieure sont déjà des déviants de la foi, de Dieu et de la spiritualité. Que Dieu Existe ou non ne change rien à ce qu’un être impliqué et responsable a, le matin au réveil, à manifester dans la journée qui l’attend.
Mais voici qu’on me rapporte depuis quelque temps un nombre exponentiellement croissant de soins où la notion de vie antérieure devient un autre alibi à la responsabilisation. Ah les vies antérieures, le karma etc !.
Bon c’est vrai, même le fondateur de l’étio en a usé voire abusé fut un temps, et ses émules par la même occasion ; mea culpa. Mais tout génie a son revers (je parle du fondateur, pas de moi) et lui-même n’évoquait plus ce concept à partir d’une certaine époque. Et qu’est-ce qui le justifierait d’ailleurs à l’aune de l’ultime niveau de soin qu’il avait atteint où cette idée de pseudo causalité était de toute façon recouverte par le constat d’un état.
Ne restent aujourd’hui que quelques trop nombreux crétins des Alpes (voir sur Google pour ceux qui ne connaissent pas et qui croiraient à tort que je taxe les montagnards de crétinerie ; par contre j’en connais un certain nombre qui pour ne pas être montagnards…) pour laisser des patients partir avec l’alibi que « c’est la faute à leur karma ou à leur V.A. s’ils sont comme ça . »
C’est tellement absolvant, bienveillant dans la notion de jugement, la confusion entre responsabilisation et culpabilisation, dans la culpabilité qu’il y a à paraître juger. C’est tellement rassurant de sentir cette tolérance de bien-pensance qui n’aurait de fait pas lieu d’être s’il n’y avait un jugement au préalable ; car oui, si on invoque la tolérance c’est bien qu’on a jugé d’abord, pourquoi en parler s’il n’y avait rien à tolérer et donc qu’on n’avait déjà jugé ?
« C’est pas ma faute à moi ? » Mais comment muter dans le déni de ce que l’on porte et n’avons qu’à constater… sans qu’il y ait à trouver un pourquoi qui en cherchant à justifier serait lui la preuve du jugement.
Alors qu’il ne s’agit que d’informations « croisées » dans la banque de données de l’histoire de l’humanité enrichie par les expériences des cent milliards d’incarnations (environ) depuis que l’Humain est né.
Non, une femme n’est pas infertile parce qu’elle a été « faiseuse d’anges » dans une vie antérieure, et non je n’ai pas un cancer du rectum parce que j’étais moine pédophile et homo dans une vie antérieure. Par contre laisser partir des gens avec en plus de leurs problèmes en arrivant, d’hypothétiques scenarii les culpabilisant gratuitement… merci à ces thérapeutes de m… qui ne cherchent qu’à briller aux yeux de personnes vulnérables.
Par contre que mon « esprit » se soit incarné avec un certain nombre de données collectées dans l’immense inconscient collectif de l’humanité depuis ses débuts, piochées dans un immense sac de boules de loto, qui vont faire ma sensibilité à certaines choses plus qu’à d’autres et différente de celle de mon voisin qui auraient stocké d’autres mémoires, voilà qui est plus probable que l’image pour enfants ou vendue aux naïfs qui veulent les entendre d’un même individu, eux en l’occurrence, qui traverserait la Vie un jour en Cléopâtre, puis en Jeanne d’Arc mais aujourd’hui en lambda (pas lambada), ou en prêtre homo, puis général d’armée (sous Napoléon s’il vous plaît) ou comme un copain, en réincarnation d’Hitler etc.
Du coup, si j’ai le nez trop long, c’est la faute à Cléopâtre et celle à Jeanne d’Arc si je n’entends que ce je veux bien. Si je suis un salaud, c’est la faute à Rousseau et si je suis en colère, c’est celle à Voltaire. Bref, vous m’avez compris.
Nul besoin de tout ça ! Si on trouve des infos , c’est qu’elles y sont et comme on ne saura jamais vraiment pourquoi ni comment elles sont là, le mieux est de rester avec ce « je ne sais pas » d’ouverture qui fait que ne sachant pas, il n’y a rien à juger et qu’il n’y a pas faire semblant de ne pas juger « ce qui quand même n’est pas bien » ; ouarf !
Constater, c’est juste amener ces infos à une réalité ressentie qui va donner le mouvement nécessaire pour changer l’état, diluer et rendre obsolètes lesdites infos au lieu de les entériner par une justification plus ou moins tangible contre lesquelles un sujet va se battre des années durant.
Quand chacun de nous disparaîtra, notre ADN sera toujours dans le cercueil (si c’est cela que choisissez) dans quelques dizaines d’années ou siècles et on ne retrouvera pas le même sur quelqu’un d’autre qui se baladera avec. Et pourquoi cela serait-ce différent pour notre esprit ou notre entité qui, lui passerait in extenso de corps en corps ? Sans partage d’informations ?
Bien sûr la métempsychose est tellement rassurante quant à nos peurs de la mort et notre besoin de ressenti d’éternité que l’on peut comprendre l’envie d’y croire même chez des gens instruits ou intelligents quand vient la peur. On pose souvent des questions bêtes face à l’inconnu et on a envie de croire en ce qui nous rassure. Et l’éternité garantie n’est qu’au travers des infos qu’on partage de notre vivant ou qu’on restituerait à l’inconscient collectif par la dilution de notre esprit à notre mort, comme une bulle d’eau savonneuse éclate en une quantité de petites bulles en éclatant, qui se diluent pour peut-être un jour en partie se regrouper avec d’autres comme un nouveau tirage de boules du loto.
Mais à part garantir le fond de commerce de ces escrocs de la thérapie « énergétique » ce concept improbable ne guérit personne ; tout au plus refoule t’il ou n’est-il que l’instrument d’un déni d’état.
Mais il faut grandir un peu, surtout si on veut se prétendre thérapeute (pour exister?) et aider les gens à se libérer de leurs peurs. Et arrêter de jouer au gourou avec ce type de prise de pouvoir sur des gens qui n’ont pas toujours le discernement et l’esprit critique pour séparer le bon grain de l’ivraie.